Catégorie : Actualité (Page 3 of 17)

Participe au Festival de Fès de la Culture soufie 17-21/4/15

9ème édition du Festival de Fès de la Culture Soufie 

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La Religion de l’Amour. De Rabiaa, Ibn Arabî, Rumi à aujourd’hui…

L’Amour a été vécu, chanté, décliné dans toutes les formes de vie et d’action par une chaîne ininterrompue de femmes et d’hommes à travers différentes cultures. L’Amour a été considéré comme la plus haute réalisation de la spiritualité et de la foi. L’Amour du prochain, l’Amour de l’autre, l’Amour du Tout- Autre, et qui nous est pourtant plus proche de nous que nous mêmes . De cet Amour que Rabiaa place au-delà du Paradis et de l’Enfer et dont Rumi atteste de l’embrasement et la dévastation ( « J’étais cru et ensuite cuit, disait-il, je suis maintenant consumé » ) Ibn Arabî attire notre attention sur le fait qu’il restera pour toujours un mystère. C’est pourtant aux pieds de ce guide invisible qu’il remettra les clés de son âme : « En quelques directions que se tournent ses montures l’Amour est ma religion et ma foi ! » De cet Amour que reste-t-il aujourd’hui? Il est , comme disent les Soufis , un océan et une soif intarissables. Il faut se détourner des caricatures imbéciles et mortifères des religions pour se plonger dans les textes , la poésie , les témoignages d’action et de vie, qui en irriguent le cœur et l’esprit. Et se plonger plus encore dans les expériences ineffables et intimes que les gens de l’Amour distillent autour d’eux , tous les jours, hier comme aujourd’hui. Pressé de s’expliquer sur sa déraison le Majnoun de Layla répondait à ses contempteurs qu’il n’y avait de saveur dans la vie que pour ceux dont cet Amour s’est saisi. Mais il reste une question essentielle . Comment cette énergie d’amour peut-elle fonder un vivre ensemble, une société ? Et au-delà encore, dans cette extrême diversité du monde, instiller plus d’empathie ou de fraternité ? C’est à une telle réflexion, à cette agape , que nous sommes cette fois-ci invités .

Par Faouzi Skali
Président du Festival

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Invité au Festival des écrivains du Sud, Aix 14/3/15

Festival des Ecrivains du Sud

Samedi 14 mars 2015 Aix-en-Provence

Signature de « L’Extravagance » (mémoires) aux éditions Robert-Laffont

Hôtel Maynier d’Oppède

Amphi Zyromski – 23,rue Gaston de Saporta (entrée libre) Rencontres lire et écrire

>De 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h

Journées des Écrivains du Sud

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Anne-Sophie Yoo « L’Orient express de Salah Stétié » Valeurs actuelles 13/3/15

L’Orient express de Salah Stétié

VALEURS ACTUELLES 12 MARS 2015

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L’écrivain et ambassadeur franco-libanais fait revivre le Beyrouth sous mandat français, le Paris littéraire et artistique des années 1950-196O et les heures sombres de la guerre civile dans le « pays du cèdre ». Ces passionnants Mémoires du poète franco-libanais Salah Stétié valent leur poids d’existence. Mélange incomparable d’aventure, de prestige et de déroute sur la carte d’un monde arabe bouleversé, ils exhalent une puissante odeur de poudre. L’homme qui fonde, en 1955, le supplément littéraire et culturel de l’Orient, l’hebdomadaire francophone devenu l’Orient-le-Jour, avant d’embrasser une carrière d’ambassadeur puis de délégué permanent
auprès de l’Unesco, à la mode d’un Saint-John Perse, raconte une histoire dont la page brûle. Une seule conversation avec Yasser Arafat, rencontre à Marrakech, donne la mesure du climat outré de l’époque. En 1982, Salah Stétié ordonne souvent à son chauffeur de faire demi-tour quand il reconnaît un char israélien posté à un barrage de l’est de Beyrouth : comment accepter de se faire contrôler chez soi ? Et puis éclate un certain tragique
septembre : quand les phalangistes abattent les occupants des taxis qui prononcent le mot « tomate » à la mode palestinienne… Mais avant le premier tir qui mettra le Liban à feu et à sang, en 1974, il y a eu un coup de foudre pour la France, sa langue, sa culture. Le Beyrouth d’après la Première Guerre mondiale, dans lequel grandit ce rejeton d’une famille sunnite férue de poésie arabe classique, est désormais placé sous mandat français à la suite du long joug ottoman. Après la Seconde Guerre, ce sera à l’École supérieure des lettres que Salah Stétié rencontrera son maître, l’étonnant Gabriel Bounoure, homme du profond Orient, aux racines bretonnes. Rencontre remarquable, initiatique, Les poètes, camarades d’exil du grand poète qu’est lui-même Salah Stétié. qui en annonce tant d’autres… Celle de Massignon, l’islamologue inspire dont il suit les cours au Collège de France. Celle d’un inconnu au costume élimé, qu’il ne cesse de croiser au spectacle dans le Paris enjoué des années 1950 : Ionesco. Celle d’Éluard, dans une librairie, se proposant de lui prêter le Livre des morts des anciens Égyptiens, introuvable. Celle du sculpteur César se pâmant devant la statue, place de la République, prisonnière d’échafaudages. Mais rien ne vaut les rencontres qu’on peut faire aux soirées que donne, rue Octave-Feuillet, Suzanne Tézenas du Montcel, modèle d’élégance, grande prêtresse du Tout-Paris d’alors, celle dont on dit que « les idées et la voiture de Madame sont avancées ». S’y pressent les Renaud-Barrault, les Supervielle, les Malraux, etc. Le compositeur américain John Cage confisque, un jour, toute l’argenterie au maître d’hôtel abasourdi et, ouvrant le piano Steinway, improvise une éblouissante leçon de musique concrète. Les conversations nées dans ce « salon dans un nuage » se déplacent l’été dans la demeure de Veyrier-du-Lac, en Haute-Savoie. Au-dessus du lac d’Annecy qu’on aperçoit par les fenêtres, éclatent, certains soirs, des orages dignes de l’olympe réuni pour l’occasion. Mais ce sont les poètes que Salah Stétié apprécie véritablement. Du Bouchet, Bonnefoy, Schehadé, Fouad Gabriel Naffah ou Adonis… Eux seuls demeurent les camarades d’exil et de « lointain intérieur » dont Henri Michaux est l’oeil grand ouvert. Stétié, lui-même poète immense révélé par Dominique de Roux aux Éditions de l’Herne, dit « s’être battu et bâti » à ses débuts, contre son grand ami Pierre Jean Jouve. Combat qui en préparerait d’autres et lui apprendrait à frapper de minutes monumentales le silence des cessez-le-feu…

• Anne-Sophie Yoo

Dernière publication : L’Extravagance,  mémoires (Robert Laffont)

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« J’ai honte », Le Figaro, 6/3/15

J’ai honte

Article paru dans Le Figaro 6/3/15

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Le Coran dit en sourate III, 45 :
Ô Marie
Dieu t’annonce
la bonne nouvelle d’un Verbe émanant de Lui :
Son nom est : le Messie, Jésus, fils de Marie ;
illustre en ce monde et dans la vie future ;
il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu…

Il dit aussi en V, 82 :
Tu constateras
que les hommes les plus proches des croyants
par l’amitié sont ceux qui disent :
« Oui, nous sommes Chrétiens ! »

en 83 : (ce sont les chrétiens qui parlent) :
Notre Seigneur !
Nous croyons !
Inscris-nous parmi les témoins !

En 84 :
Pourquoi ne croirions-nous pas en Dieu
et à la Vérité qui nous est parvenue ?
Pourquoi ne désirerions-nous pas
que notre Seigneur nous introduise
en la compagnie des justes ?

En 85 :
Dieu leur accordera
en récompense de leurs affirmations
des Jardins où coulent des ruisseaux
Ils y demeureront immortels :
telle est la récompense de ceux qui font le bien

Le Coran dit bien d’autres choses. Mais rien ni personne ne peut faire que ces mots tout d’affection et d’espérance à l’égard des chrétiens ne soient inscrits pour l’éternité (puisque la parole divine est, dit-on, éternelle) dans le Livre sacré de l’Islam.
Comment feront ceux qui aujourd’hui, en Orient, persécutent les chrétiens, les égorgent, les jettent vivants dans des puits, parfois les crucifient, oui, comment feront ces lecteurs sans doute assidus du Coran pour justifier leurs actes aussi inhumains qu’illégitimes aux yeux de leur Livre et pour se dédouaner devant leur Dieu d’en avoir ainsi cruellement usé avec ceux qui se sont, cinq siècles avant eux, déclarés les témoins de la Vérité et ont suivi la parole du “Verbe de Dieu” ?
Qu’ils relisent, ces égarés, les ayât que je viens de leur remettre en tête. Qu’ils sachent également, ces Arabes, que si la langue arabe existe aujourd’hui dans la splendeur créatrice qu’on lui connaît, c’est parce que dès la fin du XIXe siècle, des lexicologues, les Boustany, l’ont ressuscitée et l’ont illustrée par des dictionnaires et des encyclopédies, que des érudits, les Yazigi ont montré de cette langue la fertilité intrinsèque, que le premier livre de la modernité arabe, quoique écrit en anglais, s’appelle Le Prophète et que le héros de ce livre, traduit dans une cinquantaine d’idiomes et toujours passionnément lu, se nomme Al-Mustapha, l’autre désignation de “l’Envoyé”. Les Boustany, les Yazigi, Khalil Gibran, l’auteur du Prophète, sont des chrétiens du Liban. Ils appartiennent tous à une magnifique communauté spirituelle et intellectuelle qui habitait, qui habite toujours le monde arabe. Les chrétiens sont chez eux définitivement dans ce monde et je les supplie, à genoux s’il le faut, de ne pas partir, de ne pas céder à la panique. Que ferions-nous, nous, les musulmans, sans eux, sans leur présence, qui fut souvent pour tous les peuples de cette région synonyme de progrès à tous les niveaux ?
J’ai honte d’avoir à écrire tout cela qui devrait aller de soi. J’ai honte avec tous ceux qui, aujourd’hui, ont honte. Honte, terriblement.
Salah Stétié

Dernière publication : L’Extravagance,  mémoires (Robert Laffont)

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Invité à l’hommage aux éditions Fata Morgana Sète 6/3/15

Fata Morgana, un goût du livre

50 ans de dialogue avec auteurs et artistes
7 mars – 24 mai 2015
Du 7 mars au 24 mai 2015, le musée Paul Valéry présente l’exposition FATA MORGANA, UN GOÛT DU LIVRE, qui allie à la littérature la bibliophilie et les Arts plastiques.

Durant 50 ans, sous la direction de Bruno Roy, la maison d’édition Fata Morgana a maintenu vivant le fil d’un dialogue à trois entre artiste, écrivain et éditeur. Depuis le premier ouvrage paru en 1965, près de 1500 livres ont été publiés, dont plus de 250 exemplaires seront présentés aux côtés de manuscrits et de nombreuses œuvres des quelque 90 artistes qui ont collaboré à ces publications.

Fata Morgana est fortement attachée à son indépendance, garantie de sa singularité. Aux deux jeunes fondateurs, Claude Féraud et Bruno Roy, réunis derrière l’emblème alchimique de la sirène à double queue, s’ajoutent dès l’année suivante Jean-Pierre Clerc et le peintre Alain Clément. A partir de 1971, Bruno Roy assume désormais seul la direction de la maison d’édition avec l’aide de son épouse Marijo. Ils seront rejoints au début des années 2000 par David Massabuau, qui dirige aujourd’hui conjointement Fata Morgana avec Bruno Roy.

Placée d’abord sous les auspices du surréalisme, d’André Breton, de Michel Leiris et des auteurs de la revue du Grand Jeu, Fata Morgana semble farouchement refuser toute rationalité et vouer un culte au divers. Ainsi se côtoient Emmanuel Levinas, si abondamment publié, et Henri Michaux, figure tutélaire, dont la disparition a pu même remettre en cause l’existence de la maison d’édition en 1984 ; Odysseas Elytis, poète et Prix Nobel, et Pierre Michon ; Richard Millet et Luis Cernuda ou Lokenath Bhattacharya.

En réalité, par ses rejets ou ses appétences, la figure de l’éditeur tient chez Fata Morgana une place centrale. Pour une ou plusieurs publications, il rend possible l’œuvre commune que suggèrent des parentés spirituelles, mais que les conditions matérielles rendent impossibles : Roger Caillois s’associe ainsi à Max Ernst, Roger Gilbert-Lecomte à Joseph Sima, Tristan Tzara à Jacques Hérold. Son goût lui donne surtout la capacité de révéler des fraternités plus secrètes, qui rapprochent Maurice Blanchot de Bram Van Velde, Edmond Jabès d’Antoni Tàpies, Pierre Alechinsky, avec qui les collaborations, initiées en 1968, ont été les plus fécondes, d’Emile Cioran, Victor Segalen d’André Masson, ou bien encore de Jean-Gilles Badaire, André du Bouchet de Jean Capdeville, Buffon de Dado, Jean-Luc Parant de Jean Dubuffet, Alfred Jarry de Reinhoud, Marwan Hoss de Pierre Soulages, Philippe Jaccottet de Pierre Tal Coat, tous présentés dans le parcours de l’exposition.

Chez Fata Morgana, le livre résulte d’une recherche sans cesse renouvelée de la rareté, orientée par la fidélité à un idéal énoncé dès l’ouverture du premier catalogue publié en 1968 : « Nous voudrions que règne entre le texte, la gravure et la typographie une unité transparente qui fasse de nos publications de vrais objets de poésie ». Satisfaisant aux exigences du bibliophile averti, le livre est fabriqué pour que sa valeur spirituelle ne puisse être dissociée de sa matérialité même, qui implique une forme de communion de tous les sens dans leur exercice simultané. Sans doute la présentation de l’œuvre commune de Michel Butor et de Pierre Alechinsky, Le Rêve de l’ammonite (1975), considérée par Bruno Roy comme le chef-d’œuvre du catalogue, permet-elle de cerner au mieux cet idéal.

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